Notre parti et ses valeurs - par Thierry Viala*

A quelques heures d’un congrès fondateur ou plutôt refondateur du centre, et alors que se sont multipliées lors des dernières échéances, les alliances politiques iconoclastes,  il peut être utile de rappeler ce qui nous distingue de la gauche en général et du parti socialiste en particulier.

Ce dernier vient de produire une déclaration de principes en 21 points. Le  paragraphe 2 est particulièrement intéressant et schématise en quelques mots  ce  qui  constitue  une différence à mes yeux. Il y est affirmé que «l’égalité  est  au cœur de l’idéal » socialiste. En contrepoint est précisé que cette quête n’a de sens que par et pour les libertés.

Moi, je crois que la liberté est au cœur de notre idéal. Cette divergence n’est pas sémantique, elle est fondamentale.

La  liberté  est un idéal qui impose d’être vigilant dans tous les actes de la vie publique ; à Bruxelles et Strasbourg pour poursuivre la construction européenne  et  l’irréversibilité  de la paix, à Paris pour sauvegarder une éthique  budgétaire à l’égard des générations futures sans renoncer à aider les  plus  faibles,  au  parlement  pour  limiter la multiplication de lois interventionnistes  et non appliquées … Cet idéal invite également à ne pas ménager nos efforts pour que chacun accède à cette liberté.

L’égalité  idéalisée  par  le parti socialiste m'apparaît comme un moyen au service  de  la  liberté ; bien que je préfère le mot solidarité qui invite les  individus  à se soutenir mutuellement, à créer le lien qui dessine une collectivité,   sans   altérer  la  capacité  d’initiative  de  chacun. La solidarité est pragmatique.

En fait, la solidarité me semble consubstantielle de la liberté.

Chaque  homme  doit être maître de son destin et responsable. La solidarité que  traduit  notamment  l’action  de  l’Etat  vise  à  mettre en œuvre les garanties nécessaires à cette expression de la liberté.

Cette  contribution est là pour rappeler que nous devons lors de ce congrès affirmer  nos  valeurs  avec  force  et une certaine ambition à l’égard des jeunes générations en particulier.

* Thierry Viala est Adhérent Nouveau Centre de Haute Garonne

Pour une décentralisation efficace - par Nicolas Cristin*

Note de l'auteur :  Cette proposition peut paraître provocante, mais elle s’appuie sur l’idée qu’un pays comme la France doit en ces temps rationaliser sa gouvernance, rendre plus efficace ses dépenses et restituer au citoyen une lisibilité de la responsabilité politique.

Le Nouveau centre doit être la formation qui par sa nature et son héritage défend l’esprit girondin de notre société.

L’exigence européenne qui nous invite à réformer notre état doit aussi nous donner des instruments dits de décentralisation plus efficaces, plus visibles auprès de nos concitoyens qui sont noyés dans un enchevêtrement de compétences territoriales, pas toujours comprises par le commun des mortels.

Il est donc important que le Nouveau Centre, s’appuyant sur les dispositifs européens, propose aux Français un meilleur maillage des territoires, et une plus grande rationalisation du fonctionnement des collectivités.

Proposition est faite de ne pas se réfugier vers un immobilisme institutionnel, mais vers une volonté politique d’être une démocratie moderne pleinement inscrite dans l’évolution de l’Europe et du monde.

1)    Evaluer le nombre de petites communes et fusionner les communes de – de 5000 habitants pour créer des villes cohérentes.

2)    S’inspirant des institutions allemande et espagnole, remettre à plat l’ensemble des pays, des communautés de commune, et des communautés urbaines. Prendre les bassins d’emploi et bassins de vie comme unité de valeur et selon les tailles créer :

a)       des villes département comme Paris 

                 ou

b)      des conseils urbains qui seraient la fusion entre (la communauté urbaine + le département).

Ils auraient les compétences sociales et la qualité d’organisateur de transport des départements, l’aménagement urbain et l’ensemble des équipements.

Appliquer la cohérence territoriale s’inspirant des Régions Urbaines pour rendre plus efficace la gestion et le développement économique de ces territoires.

3)    Fusionner selon la taille les 22 régions entre elles pour en faire des Provinces Régionale ex ( Rhône Alpes + l’Auvergne).

 

* Nicolas Cristin est membre du Nouveau Centre du Rhône

Besoin d'Europe ! - par Raymond Pommet*

Nul ne peut nier aujourd’hui l’apport considérable de l’Europe au service de la construction d’un espace de liberté, de solidarité et de paix.
Mais après cinquante ans d’existence, on constate que l’idée Européenne ne motive pas les peuples ! Sans doute parce qu’ils n’ont qu’une vague idée des enjeux, le tempo Européen étant trop lent et peu médiatique...
Pourtant, nous aurons plus que jamais besoin de l’Europe pour nous aider à surmonter les trois défis majeurs du XXIème siècle qui nous font face :
· l’évolution démographique ;
· la mondialisation ;
· l’établissement d’un équilibre entre l’homme et la nature.

Un taux de natalité ralenti, l’allongement de la durée de la vie, le départ à la retraite des générations de l’après-guerre, vont peser durablement sur le paysage démographique Européen. Ce vieillissement impliquera une hausse du coût de la protection sociale liée à l’augmentation des dépenses consacrées aux retraites, à la santé et à la prise en charge de la dépendance. Il se traduira aussi par la diminution de la quantité et de la qualité de la main d’œuvre disponible, affectant la vitalité de l’économie européenne.

Ainsi pénalisée, notre économie devra pourtant défendre sa compétitivité dans une économie mondialisée. L’Union européenne, en dépit de sa volonté affichée, peine à rattraper son retard préoccupant dans les domaines scientifiques et technologiques. La part du PIB consacrée à la Recherche et au Développement est durablement insuffisante. Mal préparée, comment l’Europe fera-t-elle face à la concurrence redoutable de l’Asie, qui mise sur un développement des technologies de l’information et de la communication, des nanotechnologies, des biotechnologies ?

Le développement des activités humaines se fait en puisant sans cesse dans les ressources de la terre, avec un appétit grandissant, au mépris parfois du respect d’un équilibre élémentaire. Ainsi l’Europe sera, elle aussi, au cœur des tensions mondiales sur les approvisionnements en énergie, dont on voit déjà les conséquences planétaires sur le climat, et dont certains choix irraisonnés (agrocarburants par exemple) ont des répercussions sur les équilibres de répartition des ressources en eau et en denrées alimentaires à l’échelle planétaire.

Seule une Europe forte peut nous permettre de faire face à ces défis et les transformer en opportunités. Dans ces domaines, il n’y a pas de contradictions entre les intérêts nationaux et une politique à l’échelle de l’Europe, bien au contraire. Le niveau européen est bien le plus pertinent pour agir et contribuer à l’équilibre et au développement. En conjuguant la poursuite de la consolidation du marché intérieur, la solidarité vis-à-vis des pays nouveaux entrants, le respect de l’environnement, la prise en compte du vieillissement des populations et des nouveaux besoins et services dérivés, l’Europe peut assurer les conditions d’une croissance soutenue, et développer sa compétitivité. Les chantiers ne manquent pas : développement des technologies et des services de santé, des nouvelles technologies de l’énergie, des technologies de protection de l’environnement (transports, traitement de l’eau, agriculture raisonnée, etc.).

Pour cela, l’Europe doit être plus proche des citoyens, et non pas un acteur lointain comme elle est aujourd’hui. Son fonctionnement, sa politique, sa communication, doivent être de nature à redonner confiance aux citoyens. L’Europe doit être palpable, concrète. Sa gouvernance doit être plus visible. Les membres de son Parlement doivent être exclusivement consacrés à leur tâche, signifiant par là que le cumul du mandat de député européen avec tout autre mandat à lourde responsabilité doit être prohibé, montrant ainsi qu’il exerce son mandat en toute responsabilité, dans le souci de favoriser la mise en place de politiques qui soient l’expression de préoccupations communes à tous les européens.

Parce que nous avons besoin de l’Europe pour affronter les défis du monde, nous voulons que l’Europe s’engage dans une vision ambitieuse, et qu’elle soit un acteur de poids pour assurer la sécurité, la stabilité, le développement économique et social de tout l’espace européen.

Parce que nous avons besoin de l’Europe, nous voulons confier sa gouvernance à des femmes et des hommes responsables !

Oui, nous avons besoin de l’Europe pour contribuer à la construction d’un monde meilleur.

* Raymond Pommet, Nouveau Centre Yvelines-Sud et Conseiller Municipal Les Essarts le Roi

 

L'Europe des citoyens - par Mireille Benedetti *


Il faut sauver les Euro-Citoyens

Alors que les peuples du Monde font référence à « l’European way of life » comme symbole de qualité de vie, les Européens sont sceptiques, critiques et insatisfaits, ils vont même - pour certains –jusqu’à rejeter ce projet européen, qui semble en fait  peu connu !

En 2005, en campagne pour le Traité constitutionnel, je me suis engagée dans une véritable « croisade » explicative. J’ai vu défiler un nombre surprenant de contrevérités, de mensonges et l’ignorance a fait le lit des bonimenteurs.

Qui est responsable de cela ? La Commission européenne classe parmi les cinq domaines prioritaires « le citoyen d’abord », le Parlement européen propose « d’accroître l’intérêt des citoyens », « il faut que nous nous rapprochions des citoyens » clament les députés européens….
Le Ministre français en charge de l’éducation annonce « un parcours européen » de septembre à octobre 2008 afin de développer l’ouverture à l’Europe dans les établissements scolaires.

Autant de démarches sincères qui ne sont que très peu suivies d’effets, d’actes concrets. Pour exemples, le Traité modificatif (Lisbonne) ne reprend pas l’article consacré aux symboles de l’Union qui avait été introduit dans le Traité constitutionnel, les programmes européens destinés à développer la citoyenneté européenne n’ont pas été renforcés alors que l’Europe a vécu un élargissement à 27 pays. En France, l’Europe sert souvent de bouc émissaire, les politiques lui mettent sur le dos les mauvaises nouvelles : « Ah, ma bonne dame, c’est l’Euro qui a fait augmenter les prix ! ». A la différence de ce qui se fait dans d’autres pays - la Belgique par exemple – l’enseignement ne fait pas de place à l’histoire de l’Union européenne, on aborde le sujet par la géographie, l’économie, et les guerres du siècle dernier. Les Médias considèrent le sujet européen indigne d’intérêt, alors que 70% des citoyens européens estiment que l’information devrait être une priorité et que 86% soutiennent l’idée que les enfants devraient apprendre à l’école le fonctionnement de l’Union européenne (sondages Eurobaromètre).

Au Nouveau Centre, « nous sommes, de coeur et de raison, profondément Européens. Nous avons besoin d’Europe, elle est une chance pour la France, pour défendre notre modèle de société et notre prospérité, pour peser sur le monde. Nous ne voulons pas d’une Europe qui réglemente et contrôle, mais d’une Europe démocratique et forte dans les domaines essentiels : la politique économique, industrielle et la recherche, la politique migratoire, l’énergie, le développement durable.…Nous avons pour vision de bâtir un projet européen ».

Alors, sauvons les Euro-Citoyens, au-delà de l’information qui parle à la tête, je propose que nous parlions au coeur car on apprend bien qu’avec le coeur...

Je propose que nous incitions les Etats membres à réaliser un manuel scolaire d’histoire et de culture européenne mettant l’accent plus sur notre devise « Unis dans la diversité » que sur les guerres et les haines du passé ; qu’une partie du programme d’études tant dans les écoles que dans les universités comporte un volet sur la démocratie et la citoyenneté européenne. Je souhaite que les projets d’échange soient encouragés afin que les jeunes prennent conscience de l’importance de leur citoyenneté européenne dans le contexte mondial. L’Union européenne doit devenir plus interactive, plus à l’écoute, plus consciente de l’importance de la nécessaire identité déclinée de l’Europe à la Nation, de la Région à la commune.

Gérer une Europe à 27 pays et plus de 500 millions d’Euro-Citoyens, c’est avoir le courage et la volonté d’avancer dans tous les domaines prioritaires. Le Traité de Lisbonne est une sortie de crise, il n’est pas parfait mais a le mérite de remettre en route une Europe fonctionnant au ralenti. Les chantiers sont urgents : croissance, changement climatiques, sécurité énergétique, responsabilité dans les domaines de l’action militaire, de la lutte contre l’insécurité.

Plaçons l’être humain au cœur de l’Europe de demain.


* Mireille Benedetti est Adjointe au Maire de La Ciotat en charge de l'Education et de la Citoyenneté et Candidate à la Présidence du Nouveau Centre.

Une Grande Ecole de Commerce International - Nicolas Alexandre*

La valorisation de la double culture est quasiment inexistante dans le système universitaire français. Les enseignements sont axés  sur l’initiation. Le dispositif  Erasmus profite essentiellement aux étudiants des couches sociales privilégiées.

En mettant en partenariat avec l’Education Nationale, l’école des langues orientales, la Caisse Française de Développement et les services économiques des ambassades,  nous proposons  la création d’un premier IAE (Institut d’Administration des Entreprises) tourné vers l’international et le monde économique, capable de former des cadres pouvant être l’interface entre deux cultures, de s’adapter à la mondialisation.
Partager une même langue de travail n’est pas suffisant. En plus des cours de gestion traditionnels, les étudiants recevront une formation exigeante certes en langues (apprentissage de l’arabe littéraire, du chinois ou du japonais par exemple) mais aussi en droit, sociologie, histoire et géographie, culture du ou des pays sur lesquels ils se seront spécialisés.  Cet IAE est clairement une contre-proposition au cadre uniformisateur des MBA anglo-saxons.

La durée du cycle d'enseignement serait de 3 ans. Une formation de 2 ans destinée à des titulaires de diplôme bac + 3 pourrait être proposée.  

La vocation première de cette école n’est pas d’accueillir les élites étrangères (les autres grandes écoles peuvent le faire) mais de former des français d’origine étrangère et de valoriser leur double culture. Cette  vocation est double :
- Premièrement renforcer l’attractivité et le rayonnement de la France, créer des emplois et des réseaux. L’école formera des cadres, d’une part, à destination des entreprises françaises, de leurs filiales à l’étranger et les services économiques de la diplomatie française et, d’autre part, pour les entreprises étrangères désirant investir en France. Un programme de formation continue et de partenariat avec les entreprises sera évidemment inclus au projet de l’école, tout comme un incubateur d’entreprises.
- Deuxièmement, favoriser l’intégration. La double culture comme réponse au communautarisme. En France, parler arabe ou chinois n’est pas encore valorisé dans le monde professionnel. La culture maternelle, surtout si elle n’est pas d’origine européenne, est volontairement cantonnée à la sphère privée. Intégration uniformisatrice et peur de l’étranger s’avèrent être ici  bon alliés. La culture des populations immigrées est pourtant une richesse qu’il faut savoir entretenir. Nous devons aux Français, fils et filles d’immigrés, les moyens de valoriser leur  patrimoine et leurs réseaux. Cette école sera un signe fort de reconnaissance et de possibilité d’ascension sociale. Cette école doit contribuer à modifier les rapports que la France entretient avec les pays étrangers, ses anciennes colonies notamment, qui sont encore trop marqués par le paternalisme.

L’IAE propose s’intègre dans le cadre du Grand Paris. Un recrutement volontaire et sélectif dans les banlieues populaires sera entrepris.

Nous proposons de situer cette école dans la Cité Internationale (XIVe arrondissement) afin de favoriser les échanges avec les étudiants venus de l’étranger.

Par ailleurs pour les élèves du secondaire, nous voudrions que ministère de l’Education Nationale favorise l’ouverture dans les grands lycées parisiens de cours de langues vivantes non européennes.

 

* Nicolas Alexandre est Président des Jeunes Centristes de Paris