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08.05.2008
Contribution des Jeunes Centristes de Paris
ETRE AU CENTRE
Rédacteur : David Valence
D’où venons-nous ?
Le Nouveau Centre se réclame des idées qui faisaient la force de l’UDF. Notre formation politique repose sur un socle de valeurs que partagent la pensée libérale, la doctrine démocrate-chrétienne et la réflexion radicale. Nous sommes convaincus que ces valeurs humanistes, libérales et européennes ont vocation à rassembler un grand nombre de Français pour mieux relever les défis de l’avenir.
Les différentes familles centristes ont en commun des valeurs de tolérance et de respect de l’autre. Les citoyens ont tout à gagner à l’ouverture d’un dialogue constructif et responsable entre les différents courants qui animent la vie nationale. La majorité et l’opposition doivent entretenir, au Parlement comme dans le pays, des rapports respectueux, sans exclusive, dans le respect des convictions de chacun.
Un attachement exigeant aux libertés économiques et politiques : voilà qui constitue, à notre sens, le fondement des valeurs du Centre. A l’inverse, ce n’est que très récemment que les socialistes français, jamais en retard d’un archaïsme, ont reconnu la valeur de l’économie de marché ! Nous sommes convaincus pour notre part qu’il n’est pas de progrès social sans progrès des libertés et que les énergies françaises ont besoin d’être libérées.
L’entreprise et l’entrepreneur doivent intégrer un imaginaire national que la puissance publique modèle depuis toujours. Les temps sont révolus d’un Etat qui savait, pouvait, et voulait tout. Le volontarisme est souvent le pire ennemi de la volonté. La France doit retrouver confiance en sa société civile et dans le dynamisme de ses citoyens.
Mais notre libéralisme économique n’est pas un aveuglement. Nous savons l’importance de la collectivité quand il s’agit de donner à chacun les moyens d’exercer sa liberté ; nous portons une conception exigeante de la justice sociale, de la fraternité et de la solidarité.
Les libertés auxquelles nous tenons sont également politiques. Notre pays ne souffre pas d’un trop de démocratie. Le dialogue et l’équilibre entre les différents pouvoirs y sont au contraire bafoués depuis trop longtemps. C’est en nous souvenant de Montesquieu et de la pensée des Lumières que nous plaidons pour une réforme institutionnelle ambitieuse.
L’organisation politique de notre pays peut concilier la volonté d’efficacité et l’exigence démocratique. Nous ne voulons pas d’un régime des experts : il est temps de renouer avec l’esprit des institutions de la Ve République en nous souvenant que le Parlement est l’expression de la volonté populaire. Les modes de désignation de notre représentation nationale doivent être repensés afin qu’elle reflète plus largement la réalité politique du pays.
L’approfondissement de notre démocratie impose de s’engager sans hésiter sur la voie de l’approfondissement des libertés locales. Nous rêvons d’une République plus et mieux décentralisée. Une définition explicite des compétences des différentes collectivités locales et de l’Etat autoriserait ainsi une gestion plus efficace. La transparence des procédures de décision doit être mieux assurée, afin que les citoyens puissent se reconnaître dans les institutions qui agissent sur leur vie quotidienne.
C’est animé du même sentiment que nous regrettons la faiblesse des corps intermédiaires dans notre pays (partis politiques, syndicats), que ne compense pas une activité associative trop morcelée.
Nous souhaitons que la presse puisse jouer son rôle dans le débat public sans que soient obérées sa liberté de ton et son indépendance à l’égard des intérêts industriels.
Notre famille politique a fait, avant d’autres, le choix de l’Europe. On parlait autrefois d’un horizon européen : ce lointain s’est aujourd’hui rapproché, jusqu’à prendre place dans le quotidien de millions de citoyens.
La construction européenne a été imaginée pour assurer la paix entre les nations du Vieux continent. Notre responsabilité, c’est désormais de choisir de faire de l’Union européenne un artisan de paix et un facteur de stabilité à l’échelle de la planète.
La construction d’une Europe de la Défense représente un des moyens de cette ambition, dans le respect de nos engagements auprès de l’OTAN. Les grands conflits de demain pourraient également se nourrir des problèmes énergétiques : le Nouveau Centre est très attaché à la définition d’une politique européenne de l’énergie.
Qui sommes-nous ?
Le Nouveau Centre est un parti nouveau : les femmes et les hommes qui l’ont rejoint ont fait le pari de l’action.
Assumer ses responsabilités, mettre ses idées en actes et transformer ses valeurs en décisions : c’est là, pour nous, la noblesse de l’engagement en politique. Les Centristes sont plus utiles dans la proposition que dans le dénigrement systématique.
Les valeurs centristes ne sont pas solubles dans l’identité de la droite, pas plus que dans les vieilles lunes idéologiques de la gauche. L’état dans lequel se trouve notre pays fait cependant de la réforme une ardente nécessité. Alarmés par le déclin de la France, nous voulons travailler dès aujourd’hui à son relèvement avec nos partenaires de l’UMP. Ce choix se fonde sur une confiance et une loyauté réciproques.
Notre appartenance à la majorité présidentielle n’exclut pas la liberté d’appréciation et de parole.
Nous avons répété avec Charles de Courson notre exigence en matière de réduction de la dette publique au moment de la discussion de la loi Travail, emploi et pouvoir d’achat (Tepa) en juillet 2007.
Nous avons obtenu avec Valérie Létard que l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) ne soit pas exigible au moment du règlement des successions, contrairement à ce que souhaitaient les sénateurs UMP en décembre 2007.
Nous n’hésiterons pas à faire entendre notre différence dans les années qui viennent, chaque fois que nous l’estimerons nécessaire.
Ce que nous voulons
Une solidarité durable
La solidarité entre les générations impose de conditionner nos actions à la lutte pour la biodiversité et contre le réchauffement climatique. La France, patrie des droits de l’homme, doit donner l’exemple dès lors qu’il en va plus radicalement de la survie de l’humanité. Nous pensons qu’un effort important doit être conduit pour réduire notre consommation énergétique, ce qui passe notamment par une meilleure isolation du bâti existant.
La division par quatre de nos émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050 représente un objectif ambitieux mais réaliste. Il peut être atteint au moyen d’une diversification de nos sources d’approvisionnement. Nous devrons nous interroger sur l’articulation entre de petites unités de production d’énergie au niveau local et les grands réseaux européens. Enfin, il convient d’agir sur les modes de transport en développant le fret fluvial et ferroviaire et en investissant dans les réseaux de transport en commun.
Une société plus juste
Relancer l’ascenseur social
Jacques Chaban-Delmas parlait de la France comme d’un « pays de castes » en 1969, il y a presque quarante ans. Notre pays souffre de l’absence de mobilité sociale. La reproduction des inégalités y nourrit frustrations et rancoeurs. Une société dans laquelle les enfants pensent vivre moins bien que les parents est une société qui désespère d’elle-même.
La relance de l’ascenseur social ne passe pas par le développement de l’assistanat. Elle exige de définir une stratégie globale en matière d’enseignement primaire, secondaire et supérieur, sans négliger la nécessaire transmission des connaissances. Des mécanismes doivent être imaginés, qui offriront une « seconde chance » de poursuivre des études supérieures à tout âge de la vie
Permettre à tous d’être bien logés
Le logement occupe un place de plus en plus importante dans le budget des Français. Contrairement à une idée reçue, la hausse des loyers et des prix d’achat ne se limite pas aux espaces urbains : elle frappe désormais de nombreuses régions, en particulier dans les secteurs à vocation touristique. Nous nous réjouissons de l’indexation des loyers sur l’inflation, qui a été décidée fin 2007. Nous plaidons en faveur d’une meilleure rotation au sein du parc de logements sociaux. Plutôt que de mettre en chantier des lotissements consommateurs de paysages et d’espaces, la priorité devrait être accordée à l’habitat collectif, même en milieu rural.
Un Etat efficace
Réduire la charge de la dette
Les Français sont prêts à entendre ce discours de vérité : oui, nous portons une lourde responsabilité à l’égard des générations futures. La charge de la dette publique freine d’ores et déjà notre capacité à agir là où le besoin d’Etat se fait sentir. Elle grève notre croissance et affecte la confiance des investisseurs étrangers. Reporter cet endettement sur nos descendants serait une trahison. Comment retrouver des budgets en équilibre ou en excédent, à l’image de notre voisin espagnol ? En imaginant un Etat sobre, qui exerce plus efficacement ses fonctions essentielles. Nous proposons de rendre impossible la présentation d’un budget national en déficit de fonctionnement.
Imaginer une nouvelle étape de la décentralisation
La France est corsetée par une multitude de petits pouvoirs, dont la coordination laisse trop souvent à désirer. L’enchevêtrement des responsabilités nuit à l’efficacité des pouvoirs publics. Une définition explicite des compétences des différentes collectivités locales et de l’Etat autoriserait à notre sens une gestion plus efficace. Nous pensons également qu’un débat doit s’ouvrir sur le nombre et la taille des collectivités locales dans notre pays.
Une France plus dynamique
Donner le goût d’entreprendre
La politique conduite entre 2002 et 2007 a permis une croissance importante du nombre de créations d’entreprises. Nous devons faciliter la tâche des entrepreneurs qui, à tout âge, souhaitent prendre des risques pour créer de la richesse. Cela passe par une simplification des procédures administratives et par un changement d’attitude des établissements bancaires, trop souvent frileux ou sceptiques.
La France est un des seuls pays d’Europe où il est possible de quitter l’enseignement secondaire sans avoir jamais entendu parler d’économie ! L’introduction de cours d’économie pour tous en classe de seconde pourrait être mise à l’étude.
Favoriser la recherche
La croissance de demain se construit dès aujourd’hui, dans les laboratoires et les centres de recherches. La France peut s’enorgueillir d’une recherche publique de haut niveau. Notre pays a désormais besoin d’une meilleure stimulation de sa recherche privée. Nous soutiendrons toutes les initiatives qui permettront d’inciter les entreprises à parier sur l’avenir en investissant dans la recherche et développement.
Permettre l’essor des PME-PMI
La France dispose d’un important tissu de petites et moyennes entreprises. Leurs dirigeants se vivent comme des oubliés de la politique économique du pays. Ils ont été très affectés par la mise en place des 35h. Nous pensons que la définition d’un « Small business Act » à la française permettrait de redonner confiance à ces entreprises, dont la croissance serait favorisée et qui se verraient réservée une part des marchés publics.
17:45 Publié dans Jeunes Centristes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


