06 juin 2008
Pour un lycée de l'excellence et de la réussite
"Pour un lycée de l'excellence et de la réussite qui développe toutes les intelligences"
Le point de vue de Jacky Raymond, secrétaire national à l’éducation nationale, sur l’esquisse du "lycée à la carte" présentée aux cadres supérieurs du système éducatif, le 2 juin dernier par Nicolas Sarkozy.
Dans ses orientations politiques, le Nouveau Centre affirme la place fondamentale de l’éducation, priorité soulignée lors de son congrès fondateur à Nîmes les 16 et 17 juin 2008.
Aussi le Nouveau Centre soutient-il toute réforme qui vise l’adaptation, voire la transformation, du système éducatif français pour une formation de qualité. Celle-ci se fonde à la fois sur l’accès de tous les élèves à des parcours d’excellence qui correspondent à leurs intérêts comme à leur potentiel de compétences et sur une obligation de réussite, mesurée à l’aune des résultats en termes d’orientation choisie et de taux de succès aux examens comme sur la capacité des élèves à l’autonomie, à l’initiative, à l’invention, à l’exercice de la responsabilité.
A ce titre, l’esquisse du "lycée à la carte" présentée aux cadres supérieurs du système éducatif le 2 juin dernier par le Président de la République, à l’occasion du bicentenaire du décret du 17 mars 1808, qui organise "l’Université impériale" et l’Ecole française, s’inscrit dans cette logique de nécessaire adaptation aux besoins et réalités de la société française, aux préoccupations et attentes de notre jeunesse. Il s’agit en effet de relever le défi de la réussite que notre société impose à son Ecole, donc de jouer la carte d’une organisation qui permettent l’émergence et l’expression de toutes les intelligences.
S’il est, à cette fin, de la responsabilité politique de l’Etat de définir le cadre axiologique de la configuration du lycée français de demain, il appartient aux responsables régionaux et locaux des établissements, en concertation avec les représentants de leur communauté éducative, sur une base contractuelle et dans le plus large esprit d’innovation, de déterminer le cadre stratégique de leur action. L’opportunité et la pertinence des dispositifs de formation, leur efficacité et leur efficience impliquent une grande liberté de conception et de mise en œuvre, une autorégulation permanente du travail réalisé et des effets produits. Cette nécessaire autonomie impose un accompagnement des établissements et de leurs équipes pédagogiques/éducatives par les cadres de l’institution, notamment en matière de formation, et un double processus d’évaluation externe et de contrôle en vue d’apprécier les résultats obtenus au regard de la politique éducative de la nation et du projet global de chaque établissement.
Le Nouveau Centre approuve donc l’esprit et les grandes orientations de la réforme qui s’engage pour le lycée.
Au plan des principes, il est particulièrement important d’accroître l’autonomie du lycée, de libérer sa capacité d’initiative et d’innovation, d’encourager et d’accompagner l’expérimentation, de rechercher le meilleur équilibre des voies de formation, de constituer des parcours d’excellence pour tous les élèves, de personnaliser les parcours de formation, de favoriser au maximum une souplesse de conception et de mise en oeuvre.
S’agissant des orientations, celles qui sont proposées sont de nature à remédier aux dysfonctionnements majeurs du lycée d’enseignement général et technologique, lesquelles génèrent, d’une part, perte de confiance, démotivation, échec et gâchis humain chez de nombreux jeunes, d’autre part, déséquilibre entre les voies de formation et pratiques discriminatoires, inadaptation des structures et rupture du contrat social – par exemple, déficit de recrutement d’étudiants dans les filières scientifiques et manque préoccupant de cadres scientifiques – à l’échelle de l’institution.
Au regard de ce constat accablant, d’autant qu’il est aussi le révélateur d’inégalités accrues, de profondes injustices sociales et de souffrances individuelles, il s’avère indispensable, entre autres priorités, de donner une nouvelle impulsion à la démarche de projet et de contrat, doublée d’une démarche d’évaluation et de contrôle, d’agir sur certains points nodaux du système :
- certes, redonner à la classe de seconde sa mission de détermination et d’orientation ; décloisonner les formations et renforcer leur tronc commun, réduire la palette, souvent incohérente, des options ; accentuer la part du travail autonome par rapport à celle des enseignements ; …
- mais aussi organiser des groupes à effectif variable en fonction des activités et des profils d’élèves ; mettre en place un accompagnement soutenu (dont le tutorat ne constitue qu’une des modalités) des lycéens en situation de fragilité ; redéfinir l’éducation à l’orientation et reconfigurer les processus et procédures en la matière, notamment dans le souci d’une continuité avec l’enseignement supérieur ; imposer aux établissements et aux responsables du système éducatif une obligation de résultats ; etc.
Toutefois, le Nouveau Centre estime urgente une approche globale de la philosophie et des principes qui fondent la réforme, de l’école maternelle à l’université, du système éducatif français.
Plusieurs réformes de fond ont été entreprises, conformément aux engagements du Président de la République, celle de l’école primaire, celle de l’université (l’une des pièces maîtresses de l’enseignement supérieur), aujourd’hui celle du lycée. Et il va de soi que ces différents niveaux ont leur logique propre et des spécificités qui les caractérisent. Mais ils constituent, avec le collège d’une part, les « grandes écoles » d’autre part, les composantes de notre Ecole, l’une des figures identitaires de la nation française, de la République française.
Nos concitoyens, à juste titre exigeants dans le domaine éducatif, parce qu’ils sont attentifs à l’épanouissement de leurs enfants, parce que le développement de notre pays, en particulier au plan économique, et son rayonnement dans le monde, dépendent étroitement de ses ressources humaines, revendiquent une politique éducative forte et claire, une grande lisibilité et une cohérence maximale de notre appareil de formation. Il est donc de la responsabilité du Président et du Gouvernement de favoriser un débat très large sur les orientations éducatives de la nation avec l’ensemble des forces vives de notre pays et au sein du Parlement, en vue de l’adoption d’une nouvelle loi d’orientation sur l’éducation, fondement du système éducatif français…deux siècles après le décret impérial déjà évoqué. Il y va de la légitimité et de l’autorité, dans l’acception noble du terme, de notre Ecole, de la confiance des Françaises et des Français dans leur Ecole.
En outre, le Nouveau Centre, parti profondément européen, a la volonté de contribuer à rapprocher le système éducatif français des autres systèmes de l’Union, dans la perspective d’une meilleure circulation des élèves français et européens et d’une reconnaissance des formations, par le biais des diplômes, qui leur permettent d’accéder à l’emploi et de vivre comme ils le souhaitent dans le(s) pays de leur choix.
L’entreprise est complexe, parce que les pays de l’Union européenne ont, en matière d’éducation et de formation, des cultures ancestrales, très prégnantes, et des logiques spécifiques liées à leur histoire ; et elle ne peut s’inscrire que dans la longue durée. Mais si l’on considère que l’éducation joue un rôle central dans la construction d’une identité européenne et que la formation est l’un des ciments de l’Europe, il est capital d’initier ou de favoriser toutes les actions de rapprochement entre les systèmes éducatifs, notamment au niveau du lycée.
Là encore, il est un devoir majeur pour le Ministre de l’éducation nationale et pour les cadres du système éducatif de faciliter toutes les expériences de partenariat entre lycées français et européens, d’en évaluer les effets, d’en dégager quelques éléments significatifs d’une politique éducative européenne commune. Les évolutions de la politique éducative nationale et celles de la politique éducative induisent, au travers de ce qu’on a appelé la "stratégie de Lisbonne", la mise en œuvre d’une formation de qualité en mien avec les réalités économiques et sociales, pour "développer l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde […]" et atteindre d’ici 2010, au bénéfice de tous les citoyens de l’Union, une amélioration significative de tous les systèmes d’éducation et de formation ainsi qu’une assurance d’accessibilité à tous ces systèmes. Ces nécessaires évolutions s’inscrivent dans le cadre, sous réserve de sa ratification par les vingt-sept pays de l’Union, du traité simplifié de Lisbonne.
Le Nouveau Centre s’associera à toute réflexion qui vise à faire du lycée, dans le cas particulier de cette réforme, du système éducatif dans une perspective plus large, un appareil de formation de qualité au service de nos jeunes concitoyens et au service de notre pays.
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12 mai 2008
Une Grande Ecole de Commerce International - Nicolas Alexandre*
La valorisation de la double culture est quasiment inexistante dans le système universitaire français. Les enseignements sont axés sur l’initiation. Le dispositif Erasmus profite essentiellement aux étudiants des couches sociales privilégiées.
En mettant en partenariat avec l’Education Nationale, l’école des langues orientales, la Caisse Française de Développement et les services économiques des ambassades, nous proposons la création d’un premier IAE (Institut d’Administration des Entreprises) tourné vers l’international et le monde économique, capable de former des cadres pouvant être l’interface entre deux cultures, de s’adapter à la mondialisation.
Partager une même langue de travail n’est pas suffisant. En plus des cours de gestion traditionnels, les étudiants recevront une formation exigeante certes en langues (apprentissage de l’arabe littéraire, du chinois ou du japonais par exemple) mais aussi en droit, sociologie, histoire et géographie, culture du ou des pays sur lesquels ils se seront spécialisés. Cet IAE est clairement une contre-proposition au cadre uniformisateur des MBA anglo-saxons.
La durée du cycle d'enseignement serait de 3 ans. Une formation de 2 ans destinée à des titulaires de diplôme bac + 3 pourrait être proposée.
La vocation première de cette école n’est pas d’accueillir les élites étrangères (les autres grandes écoles peuvent le faire) mais de former des français d’origine étrangère et de valoriser leur double culture. Cette vocation est double :
- Premièrement renforcer l’attractivité et le rayonnement de la France, créer des emplois et des réseaux. L’école formera des cadres, d’une part, à destination des entreprises françaises, de leurs filiales à l’étranger et les services économiques de la diplomatie française et, d’autre part, pour les entreprises étrangères désirant investir en France. Un programme de formation continue et de partenariat avec les entreprises sera évidemment inclus au projet de l’école, tout comme un incubateur d’entreprises.
- Deuxièmement, favoriser l’intégration. La double culture comme réponse au communautarisme. En France, parler arabe ou chinois n’est pas encore valorisé dans le monde professionnel. La culture maternelle, surtout si elle n’est pas d’origine européenne, est volontairement cantonnée à la sphère privée. Intégration uniformisatrice et peur de l’étranger s’avèrent être ici bon alliés. La culture des populations immigrées est pourtant une richesse qu’il faut savoir entretenir. Nous devons aux Français, fils et filles d’immigrés, les moyens de valoriser leur patrimoine et leurs réseaux. Cette école sera un signe fort de reconnaissance et de possibilité d’ascension sociale. Cette école doit contribuer à modifier les rapports que la France entretient avec les pays étrangers, ses anciennes colonies notamment, qui sont encore trop marqués par le paternalisme.
L’IAE propose s’intègre dans le cadre du Grand Paris. Un recrutement volontaire et sélectif dans les banlieues populaires sera entrepris.
Nous proposons de situer cette école dans la Cité Internationale (XIVe arrondissement) afin de favoriser les échanges avec les étudiants venus de l’étranger.
Par ailleurs pour les élèves du secondaire, nous voudrions que ministère de l’Education Nationale favorise l’ouverture dans les grands lycées parisiens de cours de langues vivantes non européennes.
* Nicolas Alexandre est Président des Jeunes Centristes de Paris
15:35 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
06 mai 2008
Education : allons plus loin - par Mireille Benedetti *
Si enseigner, c'est sûrement éduquer, il me semble qu'éduquer ne soit pas forcément qu'enseigner.
Ces dernières décennies, les repères traditionnels ont été fortement ébranlés. La famille, pôle majeur de l'éducation, a peu à peu cédé du terrain à l'école sur laquelle toutes les attentes (ou presque) reposent.
Celle-ci occupe aujourd'hui une place centrale dans le système éducatif de notre société qui lui demande d'éduquer à la citoyenneté, aux règles du « vivre ensemble », de conduire à la réussite, de l'enfance à l'âge adulte.
Les collectivités territoriales jouent également un rôle croissant, soutenant l'effort national mais aussi l'effort parental avec une multitude de services s'ajoutant les uns aux autres : temps libre, temps du repas, temps scolaire et périscolaire ?
Les Ministres en charge de l'éducation, qu'importe « l'étiquette » sont tous des « machines à réformer les programmes, les méthodes ». Expérimentation après expérimentation, retour en arrière, innovation ou régression ?
Je trouve cela très perturbateur pour l'ensemble des acteurs de l'éducation qui devraient repenser collectivement la question de l'éducation. Car s'il y a une mission partagée dans notre société, c'est bien celle de l'éducation.
Je propose une politique plus globale, plus soucieuse de tout ce que l'enfant peut vivre dans et hors les murs de l'école. Ce ne sont pas les programmes scolaires qu'il faut transformer, c'est toute la ville qu'il nous faut repenser pour en faire un véritable espace éducatif.
L'éducation, pour moi, est un chantier « prioritaire » qui doit mobiliser avec intelligence toutes les capacités d'initiatives, au service du citoyen en devenir, mais aussi au service des femmes et des hommes en évolution permanente, de la naissance au grand départ.
Le Nouveau Centre souhaite « faire de l'école, un lieu d'excellence pour tous, 100% des élèves sachant lire et écrire en entrant en sixième, climat serein dans les collèges, propice au travail, relation de confiance entre les parents d'élèves, les enseignants et la Nation ? Allons encore plus loin !
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* Mireille Benedetti est candidate à la Présidence du Nouveau Centre. Découvrez en ligne interview et profession de foi.
09:25 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : mireille benedetti, propositions pour l'éducation nationale, benedetti

