13.05.2008

Besoin d'Europe ! - par Raymond Pommet*

Nul ne peut nier aujourd’hui l’apport considérable de l’Europe au service de la construction d’un espace de liberté, de solidarité et de paix.
Mais après cinquante ans d’existence, on constate que l’idée Européenne ne motive pas les peuples ! Sans doute parce qu’ils n’ont qu’une vague idée des enjeux, le tempo Européen étant trop lent et peu médiatique...
Pourtant, nous aurons plus que jamais besoin de l’Europe pour nous aider à surmonter les trois défis majeurs du XXIème siècle qui nous font face :
· l’évolution démographique ;
· la mondialisation ;
· l’établissement d’un équilibre entre l’homme et la nature.

Un taux de natalité ralenti, l’allongement de la durée de la vie, le départ à la retraite des générations de l’après-guerre, vont peser durablement sur le paysage démographique Européen. Ce vieillissement impliquera une hausse du coût de la protection sociale liée à l’augmentation des dépenses consacrées aux retraites, à la santé et à la prise en charge de la dépendance. Il se traduira aussi par la diminution de la quantité et de la qualité de la main d’œuvre disponible, affectant la vitalité de l’économie européenne.

Ainsi pénalisée, notre économie devra pourtant défendre sa compétitivité dans une économie mondialisée. L’Union européenne, en dépit de sa volonté affichée, peine à rattraper son retard préoccupant dans les domaines scientifiques et technologiques. La part du PIB consacrée à la Recherche et au Développement est durablement insuffisante. Mal préparée, comment l’Europe fera-t-elle face à la concurrence redoutable de l’Asie, qui mise sur un développement des technologies de l’information et de la communication, des nanotechnologies, des biotechnologies ?

Le développement des activités humaines se fait en puisant sans cesse dans les ressources de la terre, avec un appétit grandissant, au mépris parfois du respect d’un équilibre élémentaire. Ainsi l’Europe sera, elle aussi, au cœur des tensions mondiales sur les approvisionnements en énergie, dont on voit déjà les conséquences planétaires sur le climat, et dont certains choix irraisonnés (agrocarburants par exemple) ont des répercussions sur les équilibres de répartition des ressources en eau et en denrées alimentaires à l’échelle planétaire.

Seule une Europe forte peut nous permettre de faire face à ces défis et les transformer en opportunités. Dans ces domaines, il n’y a pas de contradictions entre les intérêts nationaux et une politique à l’échelle de l’Europe, bien au contraire. Le niveau européen est bien le plus pertinent pour agir et contribuer à l’équilibre et au développement. En conjuguant la poursuite de la consolidation du marché intérieur, la solidarité vis-à-vis des pays nouveaux entrants, le respect de l’environnement, la prise en compte du vieillissement des populations et des nouveaux besoins et services dérivés, l’Europe peut assurer les conditions d’une croissance soutenue, et développer sa compétitivité. Les chantiers ne manquent pas : développement des technologies et des services de santé, des nouvelles technologies de l’énergie, des technologies de protection de l’environnement (transports, traitement de l’eau, agriculture raisonnée, etc.).

Pour cela, l’Europe doit être plus proche des citoyens, et non pas un acteur lointain comme elle est aujourd’hui. Son fonctionnement, sa politique, sa communication, doivent être de nature à redonner confiance aux citoyens. L’Europe doit être palpable, concrète. Sa gouvernance doit être plus visible. Les membres de son Parlement doivent être exclusivement consacrés à leur tâche, signifiant par là que le cumul du mandat de député européen avec tout autre mandat à lourde responsabilité doit être prohibé, montrant ainsi qu’il exerce son mandat en toute responsabilité, dans le souci de favoriser la mise en place de politiques qui soient l’expression de préoccupations communes à tous les européens.

Parce que nous avons besoin de l’Europe pour affronter les défis du monde, nous voulons que l’Europe s’engage dans une vision ambitieuse, et qu’elle soit un acteur de poids pour assurer la sécurité, la stabilité, le développement économique et social de tout l’espace européen.

Parce que nous avons besoin de l’Europe, nous voulons confier sa gouvernance à des femmes et des hommes responsables !

Oui, nous avons besoin de l’Europe pour contribuer à la construction d’un monde meilleur.

* Raymond Pommet, Nouveau Centre Yvelines-Sud et Conseiller Municipal Les Essarts le Roi

 

12.05.2008

L'Europe des citoyens - par Mireille Benedetti *


Il faut sauver les Euro-Citoyens

Alors que les peuples du Monde font référence à « l’European way of life » comme symbole de qualité de vie, les Européens sont sceptiques, critiques et insatisfaits, ils vont même - pour certains –jusqu’à rejeter ce projet européen, qui semble en fait  peu connu !

En 2005, en campagne pour le Traité constitutionnel, je me suis engagée dans une véritable « croisade » explicative. J’ai vu défiler un nombre surprenant de contrevérités, de mensonges et l’ignorance a fait le lit des bonimenteurs.

Qui est responsable de cela ? La Commission européenne classe parmi les cinq domaines prioritaires « le citoyen d’abord », le Parlement européen propose « d’accroître l’intérêt des citoyens », « il faut que nous nous rapprochions des citoyens » clament les députés européens….
Le Ministre français en charge de l’éducation annonce « un parcours européen » de septembre à octobre 2008 afin de développer l’ouverture à l’Europe dans les établissements scolaires.

Autant de démarches sincères qui ne sont que très peu suivies d’effets, d’actes concrets. Pour exemples, le Traité modificatif (Lisbonne) ne reprend pas l’article consacré aux symboles de l’Union qui avait été introduit dans le Traité constitutionnel, les programmes européens destinés à développer la citoyenneté européenne n’ont pas été renforcés alors que l’Europe a vécu un élargissement à 27 pays. En France, l’Europe sert souvent de bouc émissaire, les politiques lui mettent sur le dos les mauvaises nouvelles : « Ah, ma bonne dame, c’est l’Euro qui a fait augmenter les prix ! ». A la différence de ce qui se fait dans d’autres pays - la Belgique par exemple – l’enseignement ne fait pas de place à l’histoire de l’Union européenne, on aborde le sujet par la géographie, l’économie, et les guerres du siècle dernier. Les Médias considèrent le sujet européen indigne d’intérêt, alors que 70% des citoyens européens estiment que l’information devrait être une priorité et que 86% soutiennent l’idée que les enfants devraient apprendre à l’école le fonctionnement de l’Union européenne (sondages Eurobaromètre).

Au Nouveau Centre, « nous sommes, de coeur et de raison, profondément Européens. Nous avons besoin d’Europe, elle est une chance pour la France, pour défendre notre modèle de société et notre prospérité, pour peser sur le monde. Nous ne voulons pas d’une Europe qui réglemente et contrôle, mais d’une Europe démocratique et forte dans les domaines essentiels : la politique économique, industrielle et la recherche, la politique migratoire, l’énergie, le développement durable.…Nous avons pour vision de bâtir un projet européen ».

Alors, sauvons les Euro-Citoyens, au-delà de l’information qui parle à la tête, je propose que nous parlions au coeur car on apprend bien qu’avec le coeur...

Je propose que nous incitions les Etats membres à réaliser un manuel scolaire d’histoire et de culture européenne mettant l’accent plus sur notre devise « Unis dans la diversité » que sur les guerres et les haines du passé ; qu’une partie du programme d’études tant dans les écoles que dans les universités comporte un volet sur la démocratie et la citoyenneté européenne. Je souhaite que les projets d’échange soient encouragés afin que les jeunes prennent conscience de l’importance de leur citoyenneté européenne dans le contexte mondial. L’Union européenne doit devenir plus interactive, plus à l’écoute, plus consciente de l’importance de la nécessaire identité déclinée de l’Europe à la Nation, de la Région à la commune.

Gérer une Europe à 27 pays et plus de 500 millions d’Euro-Citoyens, c’est avoir le courage et la volonté d’avancer dans tous les domaines prioritaires. Le Traité de Lisbonne est une sortie de crise, il n’est pas parfait mais a le mérite de remettre en route une Europe fonctionnant au ralenti. Les chantiers sont urgents : croissance, changement climatiques, sécurité énergétique, responsabilité dans les domaines de l’action militaire, de la lutte contre l’insécurité.

Plaçons l’être humain au cœur de l’Europe de demain.


* Mireille Benedetti est Adjointe au Maire de La Ciotat en charge de l'Education et de la Citoyenneté et Candidate à la Présidence du Nouveau Centre.

09.05.2008

Contribution de Pierre-Yves Bureau

Créer une cellule antiterroriste européenne placée sous l’autorité du Président de la Commission européenne

Après les attentats meurtriers de New York, Madrid, Istanbul et Londres, les démocraties occidentales se trouvent confrontées à un terrorisme islamiste en pleine expansion qui menace les fondements mêmes de nos Nations. Plus que jamais la coopération policière entre les différents Etats de l’Union européenne apparaît indispensable pour faire face à des menaces de plus en plus difficiles à contrer depuis l’apparition des kamikazes en Europe à l’instar des attentats qui frappent régulièrement l’Etat d’Israël. La création d’une cellule antiterroriste européenne placée sous l’autorité du Président de la Commission européenne, en collaboration avec les différents chefs d’Etats et de gouvernements ainsi que le commissaire européen en charge de la liberté, de la sécurité et de la justice permettrait de renforcer la coopération entre les services de renseignement nationaux et les différents organismes responsables de la sûreté.